dimanche 26 mars 2017

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker - COUP DE COEUR ♥


Le Livre des Baltimore
Joël Dicker
De Fallois poche
596 pages

Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.
Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.
Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman.
Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?


J'ai lu La Vérité sur l'Affaire Harry Québert environ un an plus tôt. Je me demandais déjà depuis un long moment quand je me plongerais dans cette suite, qui n'en est pas vraiment une. Effectivement, Le Livre des Baltimore n'est pas une suite à ce qui s'est passé avec l'affaire Harry Quebert, mais plutôt la découverte de d'autres pans de la vie de Marcus Goldman, le personnage principal et narrateur. Il est donc tout à fait possible de lire l'un sans l'autre, ou l'un avant l'autre sans que ça ne dérange quoi que ce soit. Pour ma part, j'ai préféré y aller dans l'ordre où ils ont été écrits, et un an après avoir lu La Vérité, je me suis enfin, enfin, plongée dans Le Livre des Baltimore, qui a été une lecture à la fois déchirante et exquise

Je sens que ma chronique va être laborieuse à écrire, puisque je viens de terminer ma lecture, et j'ai encore le coeur qui bat fort, et j'ai l'impression que ma tête est encore dans l'histoire des Baltimore, que Marcus retrace, peu à peu, avec des va-et-vient du passé au présent. 

La première chose que j'ai remarqué, c'est que ce qu'un autre auteur pourrait écrire en une page, sans que rien ne perde de son sens, Joël Dicker peut facilement l'écrire en 15 pages, sans que ce ne soit  ni lent ni peuplé de longueurs. Il prend du temps et de la finesse pour mettre son histoire en branle, et pour que tout concorde et que tout fasse écho au lecteur, et je crois que peu d'auteurs ont cette facilité à transformer une anecdote de deux lignes en courte histoire d'un chapitre. C'est, selon moi, un don, un don merveilleux qui m'a transporté de part en part dans ma lecture. Cet aspect a amené une profondeur et une notion de réalisme intense au récit, comme si je m'y retrouvais vraiment, comme si je le vivais à travers les souvenirs de quelqu'un: c'est un sentiment merveilleux, qui a rendu ma lecture tout aussi  merveilleuse

J'ai aussi retrouvé, dans Le Livre des Baltimore, les éléments qui m'avaient tant plu dans La Vérité: les retours dans le passé, exécutés habilement et avec méthode, la formation du récit, le rythme de l'histoire, qui monte de plus en plus crescendo au fil des chapitres, ainsi que l'écriture de l'auteur. Ce sont toutes des qualités qui, misent à part, promettent un bon récit mais qui, misent ensemble, font d'un récit une histoire remarquable, voire phénoménale. Ce fut le cas avec Le Livre des Baltimore

Je me suis attachée aux personnages, mais vraiment follement attachée. Hillel, Woody, Marcus, Alexandra, Saul, Anita. Des personnages avec une grande vie, une grande place. Je ne me sentais pas vraiment à leur place, mais j'ai eu un attachement presque immédiat pour eux. Déjà dès le début, on sait que le Drame est un épisode chamboulant dans la vie des Baltimore et de Marcus, et j'ai redouté la révélation jusqu'à la fin. Pourtant, elle s'est imposée, et je me suis sentie craquer de l'intérieur plus j'avançais dans le récit. C'était inévitable, ai-je envie de vous dire, et attendu aussi, mais si chamboulant. Et c'était écrit d'une manière si patiente, si calme et si sereine. Si belle. 

Autant l'histoire fait part des 1001 regrets et remords d'une vie, de plusieurs vies mêlées et de plusieurs destins chamboulés, autant elle peut aussi être vue comme une leçon sur la famille, sur le temps, sur l'amitié et sur le passé. Je suis passée par une gamme folle d'émotions: du sourire à la tristesse, de l'incompréhension à la stupeur, de la tristesse à la joie. L'auteur m'a arraché le cœur, il l'a secoué, puis il l'a bercé, l'a remis à sa place, et l'a percé d'une lame affûtée, pour ensuite le faire guérir et après me le sortir de la cage thoracique, encore. Je suis passée d'une émotion à une autre, et jamais je n'ai eu de répit. J'ai eu énormément de difficulté à poser mon livre, la nuit venue, et je ne l'ai fait que parce que la nuit laissait place à l'aube, et que je devais dormir, sinon j'aurais continué à lire. J'avais ce genre de sentiment de dépendance envers ma lecture, sentiment que je n'avais pas ressenti depuis un long moment, et je peux affirmer que ça fait énormément du bien de s'accrocher autant à une lecture, même si le temps des séparations est toujours plus ardu ensuite. Je crois sincèrement que ça en vaut la peine. 

Je ne peux pas dire si j'ai plus aimé ou non, que La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert; je ne peux même pas affirmer s'ils étaient au même niveau. C'est impossible. Ces deux romans suivent tous deux Marcus Goldman, dans un moment différent de sa vie, mais les histoires sont si différentes, si dissemblables qu'il est impossible de les comparer et donc de savoir laquelle des deux j'ai préféré. Mais je sais que pour les deux, j'ai eu un coup de cœur. Un beau gros coup de cœur. 

Que dire de plus que merci, merci à Hachette Canada, qui m'a permis de découvrir cet ouvrage, que j'ai tant aimé. ♥


2 commentaires:

  1. J'hésitais beaucoup à me lancer dans ce roman... J avais adoré la vérité sur l affairaire Harry Quebert et pensais être déçue, mais ta chronique me donne envie de m'y plonger tout de même et voir..!

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    1. C'est sûr que l'histoire est très loin de ressembler à La Vérité, mais l'écriture de l'auteur et sa manière complètement addictive d'écrire le récit m'a vraiment conquis, encore une fois. Je te conseille de t'y plonger, sans trop d'attentes, et peut-être seras-tu agréablement surprise! Si tu le lis, n'hésites pas à venir me faire part de ton avis, surtout! :)

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